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Rencontre entre l’ADBEN Versailles et l’Inspection

lundi 1er avril 2013, par Bureau de l’ADBEN

Le 1er mars dernier, Anne Godbille, présidente de l’ADBEN Versailles, Camille Brouzes et Florian Reynaud, membres du bureau, ont rencontré la Direction académique EVS chargée de la Documentation, M. Bouillon, Mme Houpert et M. Sollier, au rectorat, sur invitation de ces derniers. Voici le compte rendu de cet entretien dense qui a duré près de trois heures.

M. Bouillon souhaitait à cette occasion clarifier la position de l’Inspection, suite aux articles publiés sur le site web de l’ADBEN Versailles, les 12 et 14 février, qui faisaient écho la conférence de Mme Blanquet organisée lors de l’InterTICE 2013. Il s’agissait par ailleurs de discuter de l’avenir des professeurs documentalistes, avec des échanges sur les perspectives souhaitées de la part de l’Inspection et de l’ADBEN.

La conférence de Mme Blanquet

M. Bouillon qualifie la conférence de Mme Blanquet d’« occasion manquée », avec une mauvaise organisation matérielle. Il évoque un ton trop polémique, pas constructif.

La demande émanait du CRDP, qui souhaitait proposer une conférence pour les enseignants documentalistes. M. Bouillon précise, en outre, que les propos de la conférencière n’engagent que Mme Blanquet, et non l’Inspection. Nous lui expliquons que, malgré cela, le choix de cette conférence est apparu comme une légitimation d’un tel discours par l’Inspection. Cela pose question dans le contexte actuel des mutations des espaces CDI et des redéfinitions des missions des enseignants documentalistes, avec une remise en question de notre « raison d’être » par Mme Blanquet.

Mme Houpert et M. Bouillon souhaitent que la conférence soit prétexte à ouvrir le débat, afin de réagir aux propos de Mme Blanquet. C’est ainsi qu’il faut comprendre la diffusion du texte de la conférence auprès de chaque professeur documentaliste, par le biais des correspondants de bassin, accompagnée d’une publication sur le site Documentation de l’académie. Nous exprimons nos doutes quant au bien-fondé et quant à l’orientation de ce débat. Mme Houpert affirme, de son côté, qu’il s’agit pourtant d’une intéressante revalorisation de l’aspect pédagogique de notre rôle gestionnaire, avec des éléments positifs dans le discours de Mme Blanquet, par exemple au sujet de la classification à facettes.

Nous précisons que l’aspect pédagogique de notre rôle gestionnaire est sans doute ce qui fait le plus consensus, s’inscrivant dans le cœur du métier. Toutefois, il ne constitue pas en soi un chantier de réflexion si important que cela : il paraît plutôt souhaitable de privilégier d’autres sujets, comme les apprentissages pédagogiques qui ont apporté la preuve de leur utilité et sont aujourd’hui reconnus dans les établissements.

La pédagogie info-documentaire
dans les formations académiques

Les inspecteurs soulignent que l’aspect pédagogique n’est pas négligé dans la formation continue. On nous présente ainsi le PAF en projet pour 2013/2014, lequel comporte plusieurs contenus intéressants (« enseigner aux élèves un usage réfléchi des outils et des services numériques », « participer à la formation et à l’évaluation au B2i [...] », « approfondir la didactique des notions info-documentaires »). Notre point de vue s’appuyait toutefois sur les formations proposées dans le PAF de l’année 2012/2013. Une « recherche par mots-clés » (onglet), par l’entrée « Documentation » dans « discipline ou métier », laisse apparaître une offre très pauvre sur le thème des apprentissages info-documentaires, hormis les projets autour de la lecture et de l’accompagnement personnalisé. Il conviendra de voir la différence entre le cahier des charges 2013/2014 en projet et l’offre définitive du PAF à venir.

M. Bouillon précise également que chaque année, parmi les quatre réunions obligatoires, il figure bien une réunion de bassin sur un thème pédagogique, autour des dispositifs (Pacifi, B2i, PDMF, HDA...). Nous faisons part d’une insatisfaction quant à l’organisation de ces réunions. De plus, les dispositifs nouveaux souffrent d’un déficit de communication entre enseignants dans les établissements, qui s’avère préjudiciable à une meilleure prise en charge de ces dispositifs par les professeurs documentalistes. Il y a une attente de conditions pérennes et instituées pour la mise en œuvre d’apprentissages info-documentaires et d’enseignement à la culture informationnelle, au-delà d’un Pacifi qui, bien souvent, n’a pas été lu par la communauté éducative, d’un PDMF que l’on prend en charge par défaut, sans que ce soit véritablement de notre ressort spécifiquement, ou de B2i et HDA qui souffrent de disparités problématiques au niveau local. L’inspection entend le propos, et exprime ses attentes pour l’organisation de ces réunions de bassin sur les thèmes pédagogiques et sollicite la participation de l’ADBEN à titre d’interlocuteur.

M. Bouillon estime toutefois que ces dispositifs, en particulier le B2i et l’HDA, ont permis de débloquer certaines situations et de déclencher certaines collaborations. Il souligne avec M. Sollier que ce sont des dispositifs qui sont difficiles à mettre en place, auprès de professeurs de discipline relativement conservateurs sur les enseignements, et que l’Inspection s’appuie sur les professeurs documentalistes. Si l’on peut se féliciter que ces dispositifs puissent avoir des effets positifs sur la mise en œuvre d’apprentissages info-documentaires, on peut regretter toutefois que les professeurs documentalistes, seuls en collège auprès de 30 à 60 enseignants de discipline, soient considérés toujours comme les fers de lance de certaines réformes, sans assise pédagogique assurée, sans condition d’exercice pédagogique pérenne. Cette situation instable impose une négociation constante qui n’est pas un mode satisfaisant d’exercice de missions pourtant reconnues comme essentielles dans les discours et dans les textes.

L’avenir des CDI dans la réflexion sur les espaces

Il y a une volonté, affirmée par Mme Houpert, d’élargir l’ouverture des CDI, avec l’aide d’un AED qui prendrait en charge cette ouverture quand le professeur documentaliste n’est pas là, mais également quand le professeur documentaliste est dans le CDI avec un groupe classe. Elle dit ne pas comprendre les oppositions de principe qui sont exprimées contre cela. Nous précisons qu’il s’agit d’une question de faisabilité, de confiance interpersonnelle, avec des difficultés concrètes, dans la réalité, qui conduisent certains collègues, en effet, à une opposition de principe compréhensible. L’Inspection ne voit pas d’inconvénients, à ce que CPE, COP et professeurs documentalistes travaillent dans le même espace.

On pose le problème d’une mauvaise représentation des missions des professeurs documentalistes par les CPE, par les référents TICE, par les membres du CLEMI, par les collectivités territoriales, problème sur lequel on ne peut pas faire l’impasse si on veut avancer de façon constructive dans une réflexion objective autour des temps et des espaces. De facto, le professeur documentaliste apparaît comme initiateur de cette réflexion, avec le risque d’une dérive, à savoir la remise en question de ses marges professionnelles de fermeture du lieu CDI. Nous regrettons le prétexte d’une nécessaire ouverture de ce lieu particulier, c’est parfois seul lieu de respiration pour les élèves dans les EPLE, faute de moyens et faute d’une prise en charge responsable de ces questions par les chefs d’établissement et par les CPE. Pour autant, les professeurs documentalistes sont toujours, dès l’origine, concernés par la prise en compte des élèves de permanence ou de temps libre dans le fonctionnement et l’organisation du lieu et des temps spécifiques d’apprentissages.

Se pose la question de la communication recherchée dans les réunions communes aux professeurs documentalistes et CPE. Il est expliqué qu’un inspecteur sera présent dans chaque bassin, et qu’il n’est pas question de partir des lieux, mais bien d’échanger sur les missions des uns et des autres et de réfléchir aux convergences, aux réflexions communes, pour avancer. Au sujet des chefs d’établissement, nous émettons le souhait que des professeurs documentalistes puissent intervenir lors de réunions, là encore pour informer sur l’ensemble de leur mission ; l’Inspection précise qu’ils font ce travail dans les réunions, mais également auprès de la centaine de personnels de direction stagiaires qu’ils voient chaque année. L’intervention de professeurs documentalistes, c’est une chose qui s’est déjà faite, il est envisagé d’y penser dans le cadre du plan de formation des personnels de direction pour 2013/2014.

Nous discutons également des ressources numériques, qui occasionnent des tâches gestionnaires supplémentaires dans les établissements pour le professeur documentaliste, comme ce sont des tâches qui peuvent leur être délaissées, trop souvent par défaut plutôt que par choix (gestion du site web, de l’ENT, acquisition de ressources numériques au sens le plus large du terme, organisation du volet numérique de l’EPLE). L’Inspection souhaite la systématisation des commissions TICE, avec un cadre de discussion autour des compétences des uns et des autres dans les EPLE pour définir les missions locales des uns et des autres. Par rapport aux perspectives nationales, l’Inspection souligne un certain flou, qui ne permet pas selon elle d’avoir une vision négative à ce sujet.

La suite ?

L’ADBEN Versailles souhaite mettre en avant la nécessité d’une réflexion autour du rôle pédagogique du professeur documentaliste et de l’organisation pratique et didactique de ces missions particulières. Dans un premier temps, nous lançons une enquête auprès des collègues professeurs documentalistes.

L’Inspection propose une nouvelle rencontre, au mois de juin, pour évaluer plus particulièrement l’offre de formation, dans le PAF et dans les réunions de bassin, pour 2012-2013. L’ADBEN Versailles est favorable et ouverte à de nouveaux échanges avec l’Inspection, agissant comme un interlocuteur reconnu afin de réfléchir ensemble à l’avenir de la profession. C’est non seulement l’occasion de renouer un dialogue, et d’apporter un éclairage issu des travaux de la FADBEN, de faire état des positions et propositions des professeurs documentalistes de l’académie, mais aussi des difficultés qu’ils rencontrent.

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La circulaire de mission parue au Bulletin Officiel du 30 mars 2017
Disponible sur :
http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=114733

2013/07/18

Référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation

Disponible sur :

http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=73066

1986/03/13

Missions des personnels exerçant dans les centres de documentation et d’information

Disponible sur :

http://www.fadben.asso.fr/Circulaire-du-13-03-1986.html